Partager l'article ! Concert du Marc Ducret trio, le 9/03/2011, à l'Arsenal de Soissons: Il y a bien longtemps (au début des années 90), c'est en solo q ...
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Il y a bien longtemps (au début des années 90), c'est en solo qu'on avait découvert Marc Ducret au Pannonica de Nantes. Une prestation impressionnante, une présence incroyable, comme la collision de Jimi Hendrix et de... et de quoi d'ailleurs ? du jazz ? du free jazz ? d'un homme libre?
On était en tout cas resté sur l'impression de ce musicien au look unique, original, emplissant la scène de sons improbables, captivants. Le temps a passé et pourtant, Marc Ducret semble n'avoir pas changé, en tout cas, la démarche et le look restent (presque) les mêmes.
En effet, en ce mercredi 9 mars 2011, à l'Arsenal de Soissons, accompagné de Bruno Chevillon à la contrebasse et d'Eric Échampard à la batterie, Marc Ducret a prouvé qu'il avait l'esprit toujours aussi aiguisé, les doigts toujours aussi précis, l'imagination toujours aussi versatile.
Le concert s'est ouvert par le titre "l'ampleur des dégâts", dédié avec beaucoup d'humour et de prespicacité "à la classe politique française en général". Le trio fait un superbe travail sur les différents niveaux sonore : on entend tour à tour les doigts des musiciens sur les cordes et des sons saturés. Les ruptures de ton sont multiples, et l'on sent les morceaux très écrit (en témoignent les partitions), mais les trois musiciens, qui semblent s'entendre comme larrons en foire, se lancent dans de belles improvisations libres mais jamais provocantes ou gratuites.
deux sets et quelques cinq morceau plus loin (dont "Real thing #1", "L'obra di verdi"), on est sous le charme de de ce trio qui serait une sorte de croisement entre Black Sabbath et le jazz le plus moderne, avec une touche d'électronique façon Pink Floyd période Dark Side of the moon, notamment quand Bruno Chevillon triture le son de sa contrebasse. Si Eric Echampard est celui qui a le style le plus ouvertement rock, il sait sortir les balais quand il le faut. et fait preuve d'une belle énergie. En Bruno Chevillon, Marc Ducret semble avoir trouvé un alter ego idéal, proche dans le style et dans l'esprit, sur un instrument aux contraintes pourtant différentes.
Pour le rappel, Marc Ducret s'avancera sur le devant de la scène, jouant en acoustique sur sa guitare électrique, captivant ainsi l'attention d'un public envouté (malheureusement trop peu nombreux), avant de monter peu à peu le son, d'être rejoint par ses comparses et de finir en explosion sonique... Alors, au final, comment définir cette musique ? jazz ? free jazz ? free rock ?
Il faut en tout cas encore une fois souligner l'initiative "Jazz à l'Arsenal", qui se déroule dans le cadre de l'action "Musée Musique" du Musée de Soissons. Le prochain rendez-vous est prévu le 13 avril 2011, avec Louis Sclavis : nous y serons !
A écouter : Live #2, du Marc Ducret Trio, autoproduction, 2006, enregistré en Pologne et en France
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