Partager l'article ! Concert de Mark Knopfler, à Bercy (Paris), le mercredi 9 juin 2010: Deux semaines après Eric Clapton, c'était à un autre grand guitariste ...
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Deux semaines
après Eric Clapton, c'était à un autre grand guitariste de s'installer pour un soir au Palais Omnisport de Paris Bercy : Mark Knopfler, que j'avais déjà eu la chance de voir il y deux ans à Nantes, pour la tournée Kill to Get Crimson (lire ici).
Loin de toute pyrotechnie qui pouvait ici ou là apparaître lors de la dernière tournée, notamment avec le dobro géant qui se déployait sur scène au moment de "Speedway at Nazareth" , c'est dans la plus grande épure que s'est déroulé ce concert. A tel point qu'aucun écran géant n'était visible en début de concert, comme si Mark Knopfler avait voulu nous dire : "vous êtes venus me voir ? ÉCOUTEZ-NOUS, plutôt !".
Car, autre fait important, ce n'est pas Mark Knopfler et un groupe d'accompagnateurs qui s'est produit à Bercy, mais bien le groupe dans lequel joue Mark Knopfler, dont il est aussi le compositeur, chanteur et guitariste soliste attitré. Il aura fallu quinze ans à Mark Knopfler pour gommer son image de guitar hero et imposer celle d'un auteur-compositeur-interprète d'envergure. Non pas qu'il ne l'était pas avant, mais les paillettes, la virtuosité masquaient cet aspect (à son corps défendant, me semble-t-il).
Ainsi, lorsqu'il rejoue les morceaux de Dire Straits, il choisit, en dehors de l'incontournable "Sultans of swing" joué sans tension, décontracté, des morceaux illustrant ses qualités d'auteur-compositeur-interprète : "Romeo & Juliet" pour le côté balade romantique, "Telegraph Road" pour les côtés épiques dignes d'une saga, "Brothers in arms" pour les côtés planants et engagés, "So far away" pour le côté légèrement désenchanté...
De manière traditionnelle, si la sortie d'un album est l'occasion d'une nouvelle tournée pour Mark Knopfler, les set lists comportent au final assez peu de titres de l'album en question. Cela s'est vérifié ce soir, puisque seuls deux morceaux (mais quels morceaux !) de Get Lucky ont été joués : "Border Reiver" en ouverture, et le magnifique et testamentaire "Piper to the End" en clôture du concert.
C'est donc logiquement que Mark Knopfler a puisé dans ses albums précédents, à commencer par son premier album solo, Golden Heart, dont étaient extraits "Done with Bonaparte" et "A Night in Summer Long Ago". Le deuxième , Sailing to Philadelphia, s'est taillé la part du lion, avec quatre titres : "What It Is", "Sailing to Philadelphia", "Prairie Wedding" et "Speedway at Nazareth". Le troisième, The Ragpicker's dream , trois titres : le groovy "Coyote", "Hill's Farmer Blues" et "Marbletown". Les deux avant derniers albums, Shangri-La et Kill to Get Crimson ont été passé sous silence... mais le point commun de ces morceaux a été un beau travail de réarrangement.
L'élément le plus marquant du concert a sûrement été la veine celtique creusée par Mark Knopfler, grâce à la présence de musiciens rompus à ce style, un violoniste et un flûtiste notamment, qui se sont illustrés sur des moments de respiration, des interludes des morceaux comme "What it is" et "Marbletown". Pour quelques instants, on aurait pu se croire dans un pub irlandais en train d'assister à une jam session celtique... sauf que quelques milliers de fans nous entouraient ! La musique de Mark Knopfler se fait de plus en plus intime, et on se rêve à imaginer des concerts dans des salles à taille plus humaines, où l'on pourrait resentir au mieux la complicité entre les musiciens, l'interaction, les espaces de liberté laissés à chacun.
On sait Mark Knopfler grand collectionneur de guitares, qu'il utilise volontiers sur scène. Ici, il s'est montré plutôt sobre puisqu'il a utilisé moins d'une dizaine de guitares : sa Stratocaster rouge, une Telecaster, une Les Paul Gibson, sa Pensa Sur, une Martin... sobriété dans le nombre de guitares, mais aussi dans le jeu ; Mark Knopfler prend le temps de trouver les bonnes notes, joue beaucoup "en arrière", légèrement en retard sur les versions studio, ce qui donne un sentiment d'indolence, de douceur et de repos.
Le concert n'en était pas moins enlevé, mais se dégageait des différents morceaux une grande douceur générale, aucune agressivité... Un grand moment de finesse, loin des effets du monde de l'image et de sa tyrannie !
Set list du concert :
1. Border Reiver
2. What It Is
3. Sailing to Philadelphia
4. Coyote
5. Prairie Wedding
6. Hill's Farmer Blues
7. Romeo & Juliet (Dire Straits)
8. Sultans of Swing (Dire Straits)
9. Done with Bonaparte
10. Marbletown
11. A Night in Summer Long Ago
12. Speedway at Nazareth
13 Telegraph Road (Dire Straits)
14. Brothers In Arms (Dire Straits)
15. So Far Away (Dire Straits)
16. Piper to the End
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