The soundtrack of our lives (II)

Publié le par François

A la suite de Massive Attack et de Portishead (cf. mon article à propos de ces derniers), de nombreux artistes ou groupes étiquetés trip hop ont fait leur apparition. C'était dans les années 1996-1997 : Sneaker Pimps, Archive, Tricky, Aloof, tous différents les uns des autres, tous anglais... Un vent nouveau soufflait sur la musique pop, et il ne se passait pas un mois sans qu'une perle arrive jusqu'à nos oreilles.
Qui se souvient de Bloom, de Crustation, sorti en 1997, unique album d'un groupe originaire de Bristol, qui nous plongeait dans la nuit intime d'une personne solitaire, dans une ambiance urbaine ?


Sitting in the silent twilight
The purple half light
Of the twilight
Wrap the night around me
Blanket of black on my back
I feel safe in the darkness

Sitting in the silent twilight rapture
Could it be too hard to capture ?
This velvet moment of serenity


Le disque débutait par un instrumental qui plantait le décor : de même que la nuit enveloppait la narratrice, la musique de Crustation nous enveloppait. La musique, et aussi la voix de Bronagh Slevin, qui aujourd'hui peut faire penser à celle d'Emiliana Torrini, en un peu moins mutine.
Tous au long du disque, un même sentiment d'intimité et de chaleur nous guide, comme si nous avions une conversation intime avec un(e) ami(e) proche, tard le soir. Car tout au long de l'album, on se trouve à cette heure incertaine où la plupart des gens sont endormis et où certains ne trouvent pas le sommeil :

Boredom envelops me
Drifting comatose me
Eyes fight to stay open
Yawns take control
My knees easily slides and glide
Again I'm an outsider
Quietly observing
Daydreams floating through my head
Slipping in and out
Ashtrays of the sun I share
My energy drains, the sun rains


Drum'n'bass, dub, ambient, pop, Crustation mélange les genres, faisant feu de tout bois pour créer des ambiances uniques : un arpège de guitare ici, une mélodie jouée au violoncelle là, de la contrebasse, des infra-basses, quelques samples, des scratchs. Au final une production qui enrichit chaque chanson, le tout sur des rythmes mid-tempo, avec, après une intro qui plante le décor, l'arrivée de la voix rêveuse et aérienne de Bronagh Slevin.
J'ai beau écouter et réécouter ce disque, je n'y trouve aucune faute de goût et une grande cohésion stylistique. Chaque chanson est une absolue merveille de mélancolie, de blues post-moderne. Bien sûr, ce n'est pas le genre de musique qui donne la pêche, mais quand une musique rencontre son propre état d'esprit, on se sent d'un coup moins seul !

                                                                               (à suivre)

A écouter : Bloom, de Crustation, with Bronagh Slevin, Zomba records, 1997

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Publié dans The scum of things

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