Partager l'article ! Festival de la Route du Rock, à Saint Malo, du 14 au 16/08/09: Une semaine après la fin du festival, petit retour sur la 19ème édition de ...
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Une semaine après la fin du
festival, petit retour sur la 19ème édition de La Route du Rock..
Pour une fois, le soleil était de la partie, ce qui n'est pas négligeable quand on connaît le temps changeant de la côte bretonne (qui par ailleurs fait tout son charme). Cela n'a cependant pas
permis au fetival de faire le plein de public, ce qui est assez surprenant au vu de la riche programmation. Une offre culturelle trop riche en cette saison où chaque commune se doit d'avoir son
festival ? Les effets de la crise ? Des tarifs trop élevés ? Peut-être un peu de tout cela...
Le festival démarrait le vendredi 14 août par... un tournoi de foot ! Mais pour ce qui était de la musique, c'est Mark Kozelek qui a
ouvert les festivités, au Palais du Grand Large. Seul avec sa guitare classique, la voix nimbée d'une réverbération digne des plus grandes cathédrales, il nous a offert un set qui a permis à
certains (dont votre serviteur), de faire une bien agréable sieste post-prandiale. Somnolent mais les oreilles éveillées, on a pu apprécier la douceur de la voix du san franciscain, de ses
mélodies. Un univers cohérent, peut-être un poil monocorde, mais très sensible.
Première partie idéale pour entrer dans l'univers romantique de Marissa Nadler, chanteuse américaine découverte sur Radio Campus Rennes il y a quelques années. Depuis, la chanteuse avait dû annuler plusieurs passages en France pour diverses raisons, mais on
s'était promis de la voir en concert, tant son univers était envoûtant sur disque. Accompagnée d'un guitariste, d'un bassiste et d'un batteur, elle a offert de belles interprétations des morceaux
figurant sur ses quatre albums. Une chanteuse qui communique peu avec le public, mais dont la musique suffit à nous convaincre...
De la première soirée au Fort de Saint Père, on retiendra essentiellement la prestation des chicagoans de Tortoise, groupe instrumental qui a
montré toute la palette de son talent dans un set marqué par les changements incessants d'instruments de chacun des musiciens, prouvant leur versatilité et leur facilité à offrir une musique
polyrithmique, avec notamment plusieurs morceaux joués avec deux batteries. Une musique jamais démonstrative, mais percussive, puissante, qu'on retrouve dans le dernier opus du groupe,
Beacons of Ancestorship. Mais c'est surtout lorsqu'ils ont repris des titres de leur fameux TNT que le public a réagi. Tortoise était noyé dans une soirée noisy pop, avec des
groupes plus noisy que pop, y compris les vétérans My Bloody Valentine et leur mur de guitares saturées... Une soirée en forme d'escalade aux décibels, sans grand intérêt pour un amoureux de la
mélodie.
La programmation du samedi était plus éclectique, avec, au Palais du Grand Large, la musique électronique de The Present, suivie de l'univers folk-rock de Forest Fire, bonne surprise du festival. En effet, si chaque musicien est visiblement techniquement limité, chacun, avec modestie,
apporte sa pierre à un édifice fragile, dont le meilleur exemple est peut être la voix du chanteur, dont on se demande s'il arrive vraiment à la maîtriser, sans que cela soit faux... De même, la
batteuse ne semble savoir jouer que sur tempos lents, ce qui offre un set plutôt calme, avec quelques éclairs de violence, mais avec des compositions hypnotiques qui ne semblent pas vraiment
avancer, mais plus ressembler à des incantations.
De Papercuts et St Vincent, on ne pourra rien dire ici, la navette assurant la liaison Saint Malo-Fort de Saint Père, prise d'assaut, ayant mis deux heures à nous transporter vers la soirée au
Fort. Heureusement, Camera Obscura a offert un set bourré d'énergie avec sa pop sucrée et rythmée... Étrange impression
d'assister au concert d'un groupe de bal écossais, qui au lieu de reprendre des hits de rock'n'roll du temps de l'innocence (les 50's, le début des 60's), proposerait ses propres compositions
inspirées de cette période... Une chanteuse au joli timbre, un batteur sautillant, un trompettiste impec, et les autres musiciens sur le même ton ont offert un excellent concert.
On attendait beaucoup The Kills, tête d'affiche, groupe tendance par excellence, mais VV et son accolyte semblaient assez peu investis,
offrant un show approximatif, fait de problèmes techniques, de faux départs. Ils étaient là, mais s'ils avaient été ailleurs, sur la scène d'un autre festival, cela n'aurait pas changé grand
chose... Peaches, quant à elle, nous a bien fait rire avec son grand Barnum post-glam, mais la musique n'était pas vraiment à la hauteur...
Le dimanche s'annonçait comme LA journée à ne pas manquer, ce qui s'est confirmé dès le premier groupe monté sur la scène Jeunes Talents installée sur le Sillon, à Saint Malo. The Last Morning Soundtrack, groupe rennais, a en effet proposé une musique contemplative et douce, légèrement mélancolique,
marquée par la voix du chanteur, la présence d'un violoncelle... Bel univers, qu'on espère un jour retrouver sur disque, et qu'on espérait aussi retrouver chez The Missing Season, découverts Lors
des Bars en Trans, à Rennes, en 2007. Mais de duo folk, le groupe s'est transformé en quatuor folk-rock, perdant au passage son originalité. Et puis, apparemment, le groupe avait bien profité de
la soirée de la veille, et n'était pas vraiment au mieux de sa forme... Dommage, quand on sait que seuls six groupes ont été retenus pour jouer sur cette scène parmi environ mille candidats !
Fort Saint Père, la soirée a commencé en beauté avec Bill Callahan, le chanteur à la voix profonde qui s'est longtemps caché
derrière Smog. Lui au chant et à la guitare, un guitariste, un batteur, un violoncelliste et une violoniste ont recréé sur scène, pour notre plus grand bonheur, quelques unes des merveilles de
l'album Sometimes I wish we were an eagle, ainsi que quelques autres morceaux. Pour une fois, le son était de bonne qualité et à un niveau sonore tout à fait correct. Bill Callahan,
pieds nus, nous a offert un très beau concert, avec des petits commentaires amusés sur les chèvres qui se balladent sur les murailles du fort, sur le gars qui met un temps infini à s'accorder
(lui-même)... Un très beau concert, suivi de la prestation du singer-songwriter-whistler-fiddler Andrew Bird, qui a proposé un set bien rôdé, mais qui nous a laissé totalement de marbre, encore
enchanté que nous étions par la prestation de Bill Callahan.
Remis de nos émotions, Dominique A nous a surpris par sa présence sur scène... Enfin, non, car il y a quelques années, il
avait illuminé de sa présence une chanson de Yann Tiersen, lors d'un concert dans ce même Fort de Saint Père... Ce soir, seul, avec sa boîte à rythme, sa guitare ou son clavier, et sa voix
vibrante et habitée, il a envoûté le public pendant une bonne heure. Si on peut émettre des réserves sur les paroles, ce concert fut incontestablement une des bonnes surprises du festival...
Mais la véritable révélation du festival eut lieu avec Grizzly Bear : un quatuor classique (voix guitares basse batterie), mais
pour une musique qui est loin de l'être : des choeurs dans tous les sens, des harmonies inhabituelles qui rapprochent leur musique de la musique psychédélique, des chansons habitées, pour un
concert d'une intensité et d'une richesse incroyable, dont on retrouve la richesse sur leur dernier album, Veckatimest.
Au final, un festival très riche, qui mériterait d'être plus connu, et qui joue à plein son rôle de défricheur.
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