Un rythme de basse qui monte lentement, accompagné d'une batterie au son sec, d'accords de guitare jouées à la wah wah, avec en fond des violons, quelques craquements de vinyl, puis ces mots,
interprétés par une voix légèrement nasillarde :
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"Im so tired, of playing |
avant que la voix ne se lance dans le refrain :
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"Give me a reason to love you |
C'était au milieu des années 90, à une époque ou la pop et le rock semblaient renaître du traumatisme new wave. Le morceau s'achèvait comme il était arrivé, dans un long fade out, et l'on
découvrira un peu plus tard que ce morceau, intitulé "Glory Box", clôt l'un des plus beaux albums de pop music, Dummy, de Portishead.
Un morceau qui prendra encore un peu plus d'envergure lorsqu'on l'entendra à la fin de Chacun Cherche son chat, Garance Clavel marchant dans la rue parisienne à son rythme... grand
moment d'émotion !
A l'époque certains critiqueront la froideur glaçante de cette musique. Nous, nous savions que cette musique était chaude, que ses interprètes vibraient d'une grande intensité, ce que nous
confirmera un magnifique concert, où l'on verra Beth Gibbons, désespérément accrochée à son micro et sa cigarette, soudain descendre dans la foule pour entrer en contact avec son public. Un geste
libérateur...
Une musique qu'on disait aussi "bridée" par les machines. Au contraire, les machines, les samples lui ouvraient de nouveaux horizons ; après les bidouillages pour dance floors, l'arrivée de
Portishead, de Massive Attack et de quelques autres marquerait le passage à l'âge adulte de cette technique.
On appellerait le style de cette mouvance "trip hop"... soit...
(à suivre)
PS : le titre de cette chronique est emprunté au nom d'un groupe de rock néo-psychédélique des années 90.
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